QUE FAIRE de la mémoire ? Chercher à l'anéantir, pour oublier la douleur ou la gêne, la difficulté de vivre avec certaines questions qui taraudent ? La conserver pieusement l'entretenir par fidélité à ces morts dont nous sommes les héritiers, peut-être aussi pour éviter la répétition d'erreurs et de fautes ? Toutes les sociétés sont plus ou moins confrontées à ce dilemme... et "bricolent" une série de réponses, peu satisfaisantes, où se mélangent la lassitude des uns, l'intérêt des autres, la volonté de compromis ou les compromissions, le devoir d'a..
Source : Jean-Kely Paulhan — Réforme, 25.03.1994