Revue — Un spécialiste, portrait d'un criminel moderne

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מבנאליות לשטניות

2013 — Auteur : Shalom Rosenberg — Source : Musaf Shabbat (Makor Rishon), 24.05.2013 — Hébreu

Essai du philosophe Shalom Rosenberg publié dans le supplément littéraire « Shabbat » du quotidien Makor Rishon, consacré à la notion de « banalité du mal » forgée par Hannah Arendt dans Eichmann à Jérusalem (1963), relue à travers Un spécialiste d'Eyal Sivan et Rony Brauman. Rosenberg part de la surprise d'Arendt devant la « normalité » d'Eichmann dans son box de verre — un bureaucrate qui obéissait aux ordres et se croyait quitte de son devoir civique — pour interroger les limites de cette lecture : il distingue la banalité du mal (l'obéissance, l'indifférence, la lâcheté) de la dimension « démoniaque » qui la précède et la rend possible, à savoir la philosophie raciste qui exclut les Juifs de l'humanité même. Il s'appuie sur une scène du film où Eichmann, interrogé sur son père, se tait — signe, selon Rosenberg, que « le Juif n'est pas un homme » aux yeux du système qu'il servait. L'auteur convoque également Le Dernier des injustes de Claude Lanzmann, alors présenté au Festival de Cannes, pour discuter la thèse arendtienne de la responsabilité des conseils juifs, et revient sur les débats juridiques suscités par Un spécialiste en Israël — l'Université hébraïque ayant saisi le conseiller juridique du gouvernement au sujet des manipulations de montage du film, sans succès, la Cour suprême ayant étendu la liberté d'expression aux œuvres traitant d'événements historiques « qui ne reflètent pas la vérité ».

Source : Shalom Rosenberg, « מבנאליות לשטניות » (« De la banalité à la diabolisation »), Musaf Shabbat, Makor Rishon, 24 mai 2013. Texte intégral en hébreu.

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